Les Valeurs du Karate

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source :KARATE DO KYOHAN le livre du Maitre GICHIN FUNAKOSHI

Le Karate en tant qu’autodéfense

Presque toutes les créatures vivantes ont un mécanisme de défense naturelle ; quand le processus n’est pas complet, le plus faible est détruit et périt dans la lutte sauvage pour la survie. Les crocs du tigre et du lion, les serres de l’aigle et du faucon, le dard empoisonné de l’abeille ou du scorpion, les épines de la rose ou du cognassier du Bengale, ne sont-ce pas là des préparations naturelles à la défense ? Mais Si les mammifères inférieurs, les oiseaux, les insectes et les plantes ont chacun de telles fonctions spécialisées, se peut-il que l’Homme, Seigneur de la création, ne soit pas, lui aussi, pourvu de ces facultés ? L’affirmation suivante peut servir de base appropriée pour apporter une réponse à cette question : nous ne devons avoir aucune intention de causer des dommages aux autres, mais nous devons éviter les ennuis. Afin de se protéger, on doit trouver une méthode qui permette au faible de se défendre contre des adversaires plus forts. La force du Karaté est maintenant bien connue pour son efficacité : par exemple, il est possible de casser des planches ou de briser des pierres sans utiliser d’outils, de sorte qu’il n’est pas exagéré d’affirmer qu’un homme bien entraîné à cette méthode de défense, peut considérer son corps comme une arme défensive terriblement efficace. Enfin, bien qu’il y ait des techniques de projections en Karaté, il repose essentiellement sur des techniques de frappe, de coups de pied et d’enfoncement. Ces mouvements sont très rapides et peuvent échapper à l’oeil non averti. Les combinaisons blocage-attaque sont exécutées simultanément et, grâce à elles, des individus physiquement faibles, des femmes ou des enfants ont largement la force de contrôler un adversaire plus puissant.

En résumé, entre autres avantages du Karaté en tant que méthode d’autodéfense, on peut distinguer les traits suivants : les armes ne sont pas nécessaires, les vieux ou les faibles, les femmes peuvent l’appliquer, enfin, il permet de se protéger même Si on n’a qu’une force naturelle modeste. Tous ces éléments se combinent pour faire du Karaté une forme d’autodéfense sans égal.

Le Karate en tant que discipline spirituelle

Le Karaté ne diffère pas des autres arts martiaux, en ce qu’il favorise chez ceux qui en ont compris l’essence, le développement du courage, de la courtoisie, de l’intégrité, de l’humilité et du contrôle de soi. Cependant, la pratique de la plupart des arts martiaux est Si rigoureuse dés le début, que ceux-ci ne sont pas adaptés aux individus de constitution fragile, pas puissamment bâtis ou de caractère faible ; de manière générale, de telles personnes perdent courage et abandonnent très tôt l’entraînement. Par ailleurs, il peut arriver à un élève de constitution fragile de pratiquer Si consciencieusement qu’il se surentraîne au point de se blesser ou de tomber malade, son corps n’étant pas capable de suivre le rythme que lui impose sa volonté ; des échecs précoces de cette nature se rencontrent souvent. Pour toutes ces raisons, de nombreuses personnes doivent abandonner l’espoir de pratiquer un art martial, bien que celui-ci développe le courage et fortifie le corps, ce qui est d’importance capitale pour ceux-là même dont la constitution ou la volonté laissent à désirer. Dans ce contexte, il est important que les jeunes, les vieux, les hommes et les femmes puissent également pratiquer le Karaté. Comme il n’est pas nécessaire de disposer d’un emplacement spécial, d’un équipement particulier ou de partenaires, la souplesse de l’entraînement est telle que les individus dont le corps et l’esprit ne sont pas suffisamment aguerris pourront quand même développer graduellement et naturellement leurs capacités sans même réaliser leurs propres progrès.

La souplesse de l’entraînement permet aussi d’effectuer d’énormes progrès sur le plan spirituel. Car, comme on le sait, Si l’entraînement à n’importe quel art martial vient à être interrompu pendant six mois ou un an, aucun progrès ne peut être espéré sur le plan spirituel. La connaissance de cet art, la maîtrise de ses techniques, le développement des vertus de courage, de courtoisie, d’intégrité, d’humilité et de contrôle de soi jusqu’à en faire la lumière intérieure qui servira de guide dans la vie quotidienne, tout ceci demande au moins de dix à vingt ans et, Si possible, une vie entière dédiée à l’étude de cet art. A cause de sa souplesse qui permet un entraînement continu, je considère que parmi les arts martiaux, le Karaté est l’un des plus adaptés à parfaire l’entraînement spirituel.